Village de Moustiers-Sainte-Marie
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Parcours patrimoine de Moustiers

Moustiers-Sainte-Marie, un village entre histoire et légende (01)

© OT Moustiers

Le village de Moustiers-Sainte-Marie est riche d’une histoire millénaire. L’homme s’y serait installé dès le Vème siècle, lorsque des moines venus de l’abbaye de Lérins prirent pour refuge les grottes disséminées dans les falaises à l’est du village — ces deux géants de pierre qui dominent encore aujourd’hui le paysage.
Le nom même de Moustiers est un héritage de cette présence monastique : il dérive du latin monasterium, signifiant « monastère ». Chassés au Xème siècle par les Maures venus piller la Provence, les moines réinvestirent le site au XIIème siècle, grâce au seigneur Guillaume de Moustiers, qui leur restitua les terres de la chapelle, de l’église… ainsi que le bâtiment abritant aujourd’hui l’office de tourisme, autrefois leur presbytère.
Derrière vous, vous pouvez admirer l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, dominée par son remarquable clocher roman de 22 mètres de haut. La tradition locale rapporte qu’il vibrait autrefois au rythme des cloches, ce qui lui valut le surnom de « clocher mouvant », jusqu’à ce que des travaux de stabilisation soient entrepris au XVIIIème siècle, après plusieurs tremblements de terre menaçant sa structure.
L’intérieur du bâtiment présente une architecture tout à fait particulière. La nef, de style roman, provient de l’église reconstruite par les moines lors de leur retour au XIIème siècle. Le chœur, quant à lui, est issu d’une reconstruction plus tardive, de style gothique au XIVème siècle. À l’intérieur, vous découvrirez une pierre tout à fait singulière : un objet qui servait autrefois de sarcophage aux premiers chrétiens venus s’installer ici. Jadis laissé à l’abandon dans les rues du village, il fait aujourd’hui office de maître-autel dans notre église. La scène sculptée à sa surface représente la traversée de la mer Rouge par le peuple hébreu lors de sa fuite d’Égypte.

Rempart et porte du Riou (02)

© OT Moustiers

Le village de Moustiers-Sainte-Marie s’est implanté sur un replat, à l’est du ravin de Notre-Dame, qui divise l’agglomération actuelle. Il s’est progressivement fortifié, et un rempart ceignait la ville, reliant la terrasse naturelle sur laquelle elle s’est construite à la barre rocheuse qui domine les habitations.

Quatre portes permettaient d’accéder à la cité fortifiée :

– La porte du Riou, située sous la barre rocheuse, est également connue sous le nom de Porte des Oules, en raison de la présence des potiers dans ce quartier.

– La porte des Bastouins, au sud, s’est écroulée en 1843.

– La porte Notre-Dame, près du petit pont du village.

– La porte de Notre-Dame de Beauvoir, située près de la chapelle, menait à un chemin qui serpentait entre les rochers et s’étendait vers l’est, à travers Vincel et la route romaine. Un faubourg, nommé Paillerols, s’est développé de l’autre côté du ravin de Notre-Dame. Il était lui aussi fortifié et protégé par une porte, dite du Couvent, qui se trouvait à proximité de la mairie actuelle. Une tour située au nord-ouest de la chapelle Sainte-Anne, nommée à tort « Vieux clocher » renforçait le système défensif de cette zone.

Fontaine Clérissy (03)

© OT Moustiers

Cette fontaine doit son nom au portrait de Pierre Clérissy, premier grand maître-faïencier de Moustiers. C’est à la suite d’une rencontre avec un moine italien que Clérissy introduisit dans le village le secret de l’émail blanc, technique essentielle dans la fabrication de la faïence.

Le mot faïence tire son origine de Faenza, petite ville d’Italie qui popularise se style de céramique au début de la Renaissance en Europe. À l’époque de Louis XIV, la faïence de Moustiers devient un produit de luxe très prisé. Elle connaît un véritable essor après que le Roi Soleil, soucieux de ne s’entourer que des meilleurs artisans du royaume, commande un service pour Versailles. Rapidement, les pièces de Moustiers s’exportent dans toute l’Europe.

Mais deux siècles plus tard, la porcelaine supplante la faïence dans les intérieurs de la bourgeoisie. Cette évolution des goûts entraîne la fermeture du dernier atelier en 1875. Le renouveau de cet artisanat est dû à Marcel Provence, qui relance la faïence de Moustiers dans les années 1920. Pour rendre hommage à la famille Clérissy, il fait réaliser ce portrait en bronze, d’après un plâtre du marquis d’Autane. Marcel Provence souhaitait également que les différents styles décoratifs utilisés par les faïenciers de Moustiers soient représentés. Plusieurs d’entre eux ornent aujourd’hui les plaques encadrant le portrait. Avant cette époque, l’espace devant la fontaine constituait à lui seul une petite place, appelée place du Saule, en référence à l’arbre qui s’y trouvait. La fontaine elle-même est ancienne, bien qu’elle ait été restaurée au XIXème siècle, période durant laquelle un lavoir fut ajouté perpendiculairement à son bassin. Le site que vous voyez aujourd’hui n’existait pas sous cette forme : l’îlot de maisons qui occupait cet espace fut démoli dans la première moitié du XXème siècle. C’est à ce moment-là que le lavoir fut déplacé ici, puis couvert d’une toiture.

Moustiers, un village façonné par l’eau (04)

© OT Moustiers

À Moustiers-Sainte-Marie, l’eau a toujours été au cœur de la vie quotidienne et du développement du village. Issue d’une source abondante, le torrent de l’Adou a longtemps constitué une force motrice précieuse.

Dès le Moyen Âge, ces eaux faisaient tourner moulins à blé, foulons à draps – appelés localement paradous – puis, plus tard, moulins à huile, à papier, à vernis, scieries et papeterie. En 1886, L’Adou participe même à l’alimentation de l’une des premières usines hydroélectriques de France, faisant entrer le village dans l’ère de l’électricité.

L’aqueduc du Paradou, qui enjambait l’Adou, reste un témoignage marquant de ce savoir-faire. Conçu avec une pente précise pour augmenter la force du courant, il symbolise l’ingéniosité des habitants à valoriser cette ressource essentielle.

Mais l’eau ne se limitait pas aux usages industriels : elle répondait aussi aux besoins domestiques. Plus d’une dizaine de fontaines, la plupart du XIX ème siècle, jalonnent encore le village. Sobres, souvent adossées aux murs étroits des ruelles, elles reflètent avant tout une vocation utilitaire, même si certaines présentent des éléments décoratifs. La plus remarquable est la fontaine de la Fondue, circulaire et imposante, autrefois installée devant la mairie avant d’être déplacée en 1960. Quatre lavoirs complétaient ce dispositif, essentiels à la vie quotidienne mais aussi source de tensions : au XIX ème siècle, un règlement municipal interdit aux bouchers d’y nettoyer les entrailles d’animaux, preuve que l’hygiène publique était déjà une préoccupation. Aujourd’hui, aqueducs, fontaines et lavoirs ne servent plus d’outils de production, mais ils demeurent les témoins d’un patrimoine où l’eau, à la fois force vitale et moteur économique, a façonné l’histoire et l’identité de Moustiers.

L’Étoile (06)

Bien que l’origine exacte de cette étoile demeure un mystère, il est inconcevable pour Moustiers de vivre sans elle. Pourtant, il arrive que l’étoile tombe de sa chaîne. Ce fut le cas en 1957. M. Bourjac, le dernier forgeron du village, fabriqua alors celle qui se trouve au-dessus de nos têtes. Située à 250 mètres du sol, elle peut sembler petite, mais elle mesure tout de même 1,20 mètre de diamètre. En 1995, l’étoile est de nouveau tombée. C’est alors qu’un autre artisan, M. Joessel, finança la dorure qui la recouvre aujourd’hui. Depuis le 27 mai 1995, l’étoile de Moustiers brille sur le village. Plusieurs étoiles ont précédé l’actuelle. Vous pouvez admirer l’une d’elles, datant de 1882, au musée de la faïence.

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Chapelle Notre-Dame de Beauvoir (07)

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Selon la légende, la chapelle aurait été fondée par Charlemagne. Les premières mentions écrites remontent au IXème siècle, sous le nom de Notre-Dame d’Entreroches. La nef actuelle, de style roman, résulte d’une reconstruction au XIIème siècle. Les deux dernières travées ainsi que le choeur datent du XIVème siècle et furent remaniés au XVIème, tout comme le portail en bois et le porche recouvert de tuiles vernissées.

La renommée de la chapelle commence véritablement au XIIème siècle, époque à laquelle des miracles y auraient été observés. Le pèlerinage à Notre-Dame connut un essor rapide, encouragé par l’Église, qui accordait — ou vendait — des indulgences aux fidèles. Au XVIIème siècle, ces pèlerinages prirent une forme singulière : on y apportait des enfants mort-nés, dans l’espoir qu’ils reviennent brièvement à la vie — juste le temps de recevoir le baptême, condition nécessaire à leur salut selon la foi de l’époque. Une fois baptisés, ces enfants étaient inhumés religieusement dans le cimetière voisin. Ce phénomène est connu sous le nom de suscitation. Les chapelles associées à cette pratique étaient appelées chapelles à répit. Notre-Dame de Beauvoir est la plus célèbre d’entre elles en Provence.

Un environnement naturel d’exception autour de Moustiers-Sainte-Marie. (08)

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Niché au cœur du Parc naturel régional du Verdon, Moustiers-Sainte-Marie bénéficie d’un environnement unique qui mêle paysages grandioses et patrimoine naturel préservé.

À seulement quelques minutes du village, le lac de Sainte-Croix s’étend comme un miroir turquoise. Créé dans les années 1970, il est l’un des plus grands lacs artificiels de France (2200 hectares). Ses eaux calmes invitent à la baignade, à la voile, au paddle ou au canoë, offrant un contraste saisissant avec les falaises spectaculaires des gorges du Verdon toutes proches.
A l’Ouest s’ouvre l’immense plateau de Valensole, véritable mer de lavande. Chaque été, de juin à juillet, ses champs en fleurs teintent le paysage de violet et embaument l’air d’un parfum délicat. Mais le plateau est aussi une terre agricole vivante, réputée pour son miel, ses amandes et son savoir-faire ancestral autour des plantes aromatiques.

Plus intime, le vallon de la Maïre borde Moustiers et révèle un tout autre visage. Autrefois occupé par des terres agricoles, comme en témoigne encore aujourd’hui la grande bastide dite du « château de la Reine Jeanne », cette vallée conduit les eaux de l’Adou vers le Verdon, alimentant autrefois de nombreux moulins le long de son cours. Ses terres boisées offrent désormais aux promeneurs un cadre bucolique et apaisant.
Entre eaux turquoise, champs parfumés et vallons ombragés, l’environnement moustérien reflète toute la diversité et la richesse des paysages provençaux. Une invitation permanente à la découverte et à la contemplation.

Bouquet de Saint-Eloi (09)

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Traditionnellement, le bouquet de Saint-Éloi est une pièce forgée par un maréchal-ferrant à la fin de son tour de France, symbolisant son admission au sein des compagnons du devoir. Véritable enseigne de métier, il témoigne à la fois du savoir-faire de l’artisan et rend hommage à Saint Éloi, patron des forgerons, des maréchaux-ferrants et des orfèvres. On peut reconnaître le saint au sommet de la sculpture : il y tient sa crosse d’évêque et surtout son marteau, emblème de son rôle dans le travail du métal. Ce bouquet marque ici la façade de l’ancienne forge Achard, tenue par une famille de maréchaux-ferrants ayant longtemps exercé à Moustiers.

Grotte Sainte-Madeleine (10)

Cette grotte est une évocation miniature de la célèbre grotte de la Sainte-Baume, située à Saint-Maximin, dans le Var.
Selon la tradition chrétienne, ce lieu aurait été le dernier refuge de Marie-Madeleine, venue évangéliser la Provence. À Moustiers, la grotte Sainte-Madeleine était déjà utilisée à des fins spirituelles avant la Révolution. Abandonnée en 1789, elle ne fut réhabilitée qu’en 1874, à l’initiative des habitants, sous l’impulsion du curé de la paroisse M. Andrau. C’est également à cette époque que le sentier actuel fut creusé, remplaçant un ancien chemin de chèvre si escarpé qu’on n’osait à peine l’emprunter.
Aujourd’hui, la grotte abrite une statue de Sainte Madeleine, accompagnée d’un petit autel en tuf, pierre en harmonie avec le reste de la falaise. Elle est protégée par une grille en fer forgé ornée des initiales « SM ». Un élément plus insolite attire parfois le regard : une statue de loup, déposée en 1960 par un habitant de Moustiers pour offrir à la sainte… un compagnon.

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La montée à la chapelle (11)

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Depuis le XIIème siècle, le pèlerinage à Notre-Dame de Beauvoir attire à Moustiers des milliers de fidèles. On venait de toute la région pour prier la Vierge, dont les miracles étaient largement reconnus. La dernière portion du chemin menant au sanctuaire se termine par une montée abrupte. Pour faciliter l’ascension et entretenir ce passage très fréquenté, un escalier pavé de galets fut aménagé. On raconte qu’il compte autant de marches que de jours dans l’année. Ce chemin est bordé de petits oratoires.

Le plus ancien d’entre eux, classé au titre des Monuments historiques, remonte au XIVème siècle. Il porte les armoiries de la famille de Blacas, à laquelle on attribue également, selon la tradition, l’étoile suspendue entre les rochers. Un autre oratoire, plus massif et également d’origine privée, se trouve à un angle de la montée. Il est dédié à saint Joseph. La statue d’origine ayant été volée, elle fut remplacée par 22 carreaux de faïence polychrome, peints par Simone Garnier en 1950 Ils représentent la Vierge souveraine de Moustiers laissant tomber de ses mains de miséricorde des nimbes d’or sur les têtes des enfants nés sans vie, présentés par leur mère, afin qu’ils soient ressuscités le temps de recevoir le baptême.
En 1860, douze carreaux supplémentaires furent ajoutés, formant ainsi un Mont-Calvaire : les 14 stations du chemin de croix du Christ, devant lesquelles les pèlerins s’arrêtaient pour prier en gravissant les marches.

Le « Château », un bâtiment au cœur de l’histoire de Moustiers (12)

Fondé au XVème siècle, l’actuel bâtiment de la mairie était à l’origine un couvent des moines Servites de Marie. Racheté en 1743, il devient alors l’hôtel particulier du seigneur Berthet de la Clue, prieur de Moustiers. Depuis le XVIIème siècle, cette famille se transmet le titre de prieur-curé de Moustiers d’oncle à neveu. Désireuse de posséder un hôtel particulier distinct du presbytère, comme le faisaient les grandes familles nobles de l’époque, elle acquiert cet édifice prestigieux. Devenu mairie en 1906, ce bâtiment joue encore aujourd’hui un rôle central dans la vie du village.
La fontaine dite « du Château », du nom conservé par le bâtiment, est déplacée de la terrasse vers son emplacement actuel en 1860. Le dernier propriétaire, M. Féraud, qui occupait toujours le rez-de-chaussée au moment de l’installation de la mairie, obtint le droit de dériver une partie du débit de la fontaine pour ses besoins personnels. Une autre fontaine, celle de la « Fondue », se trouvait autrefois devant l’entrée du bâtiment. Elle est aujourd’hui située place de la Fondue, de l’autre côté du ravin Notre-Dame.

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Lavoir de la Bourgade (13)

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Le quartier de la Bourgade, autrefois considéré comme « hors la ville », était principalement occupé au XIXème siècle par des artisans faïenciers et potiers. On y trouvait également l’Hôtel-Dieu et le maréchal-ferrant, dont l’enseigne, le magnifique bouquet de Saint-Éloi, orne encore le haut de la rue.

La fontaine et le lavoir étaient utilisés tant pour les activités professionnelles que pour les besoins domestiques des habitants. La réalisation de la fontaine, en pierre de taille, est particulièrement soignée. L’eau y est distribuée abondamment grâce à trois canons. Les deux colonnes qui soutiennent la toiture et ornent le lavoir proviennent de la tribune de l’église. Elles ont été déplacées ici dans les années 1960, lorsque la tribune fut démontée par le curé de la paroisse. Il est rare de voir des lavoirs ainsi décorés, ce qui confère à ce lieu un caractère unique.

Fontaine de la Diane (14)

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Chaque année, à l’occasion de la Nativité de la Vierge, célébrée le 8 septembre, une tradition vivante anime les rues de Moustiers. Durant la semaine précédant cette fête patronale, un groupe de musiciens locaux réveille les habitants à l’aube, en parcourant les ruelles du village au son d’une même mélodie : l’air de la Diane. Ce groupe, appelé « la Diane », tire son nom du mot ancien signifiant « l’aurore ». Fidèles à la coutume, les musiciens déambulent dès les premières lueurs du jour, annonçant la fête imminente.

Le matin du 8 septembre, jour de la Nativité, ils accompagnent la procession des pèlerins jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Beauvoir, où une messe est célébrée dès 4 heures du matin.

Cette petite fontaine de quartier, semblable à trois autres présentes dans Moustiers, a toujours servi de point de rendez-vous au groupe de la Diane. Elle est à la fois repère et symbole de cette tradition populaire chère au cœur des Moustériens.

Hôtel Dieu (15)

L’hôpital Saint-Jacques, aujourd’hui appelé Hôtel-Dieu, fut l’hôpital de Moustiers de 1720 à 1919. Construit au pied du chemin d’accès à la chapelle, il avait pour vocation principale d’accueillir les pèlerins venus de toute la Provence pour visiter la chapelle. Il remplaçait également une maladrerie qui se trouvait autrefois au pied du village et qui hébergeait comme son nom l’indique les malades. L’hôpital était dirigé par les Soeurs de la Petite Enfance de Digne. Ces dernières disposaient de leur propre accès à l’eau, avec une salle de bain située à l’emplacement actuel des toilettes publiques et de la galerie de la Bourgade.

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Lavoir de la Source (16)

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La rivière de l’Adou, qui alimente le village en eau, prend sa source au creux des falaises de Moustiers. Il s’agit d’une source autonome et non, comme le disait longtemps la rumeur, une résurgence d’une autre rivière venant du plateau de Vincel, au-delà des falaises de Moustiers. Lors de la visite de scientifiques, un test de colorimétrie fut pratiqué sur les différents cours d’eau du plateau, mais aucune couleur ne fit surface à Moustiers. Le lavoir et la fontaine devant vous sont alimentés directement par cette source grâce à une canalisation percée directement dans le rocher. Cette fontaine est appelée « Fouon Dindo » en provençal, ce qui peut être traduit par « fontaine dinde ». Elle est également connue sous le nom de lavoir à grains, en raison de sa proximité avec l’ancien moulin à farine.

Atelier Saint François (17)

La chapelle Sainte-Brigitte était associée à l’Hôtel-Dieu. Son nom provient de Sainte Brigitte de Kildare, célébrée pour ses compétences en tant que guérisseuse. Après la fermeture de l’hôpital, Simone Garnier, une céramiste dignoise qui accompagna Marcel Provence dans le renouveau de la faïence, installe son atelier dans la chapelle, qui prend alors le nom d’Atelier Saint-François en 1947. C’est dans ce lieu qu’elle réalisa, entre autres, les décors du chemin de croix de Notre-Dame de Beauvoir en 1950.

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Légende du Chevalier Blacas (18)

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L’origine de l’étoile de Moustiers reste un grand mystère pour le village. Selon la légende racontée par Frédéric Mistral dans son poème La Cadeno (publiée en 1885), un chevalier nommé Blacas, seigneur de Moustiers, partit en Croisade au XIIème siècle. Son expédition tourna au désastre. Prisonnier des Sarrasins, Blacas fit une promesse à la Vierge : s’il revenait vivant de son aventure, il accrocherait une étoile au-dessus de sa ville de Moustiers, en signe de gratitude, en y attachant la chaîne qui le retenait dans sa cellule. Aujourd’hui encore, l’origine exacte de cette étoile demeure inconnue. Cependant, elle brille toujours au-dessus de nos têtes !

L’Apier (19)

Ce mur, appelé « apier » ou mur à abeilles, avait pour fonction d’abriter des bruscs, des ruches en liège, dans les alvéoles qui parsèment la paroi de cette restanque. Bien que de construction rustique, un mur comme celui-ci pouvait produire une grande quantité de miel. L’édifice se situe entre le village et le Riou, sur un versant où étaient aménagés des jardins potagers, alimentés directement par l’eau du Riou. Les trous de boulins visibles dans la partie haute du mur devaient recevoir un auvent destiné à protéger les ruches. Le petit abri en pierres situé à l’entrée est probablement une miellerie, un espace dédié à la récolte du miel. Un mur comme celui-ci permettait non seulement de regrouper les ruches dans un même espace, mais aussi de déclencher le butinage des abeilles plus tôt grâce à la chaleur stockée dans les pierres. Il est quasiment impossible de dater cet apier, les constructions en pierre sèche portant rarement des inscriptions. D’autres apiers répertoriés dans le département du Var sont datés du XVIIème ou XVIIIème siècle.

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Chapelle Sainte-Anne (20)*

© OT Moustiers

La chapelle Sainte-Anne fut édifiée en 1616, à l’emplacement d’un édifice plus ancien datant du XIIème siècle. Pour sa construction, on utilisa les pierres d’une tour des anciens remparts, détruits pendant les guerres de Religion. À cette époque, le cimetière se trouvait encore au centre du village, près de l’église. Il ne fut déplacé vers la périphérie qu’à la fin du XVIII_ siècle, pour des raisons de salubrité et de manque d’espace. À l’origine, la chapelle était donc isolée, située à l’entrée de Moustiers, sur l’ancienne route de pèlerinage menant à Notre-Dame de Beauvoir. Son porche offrait un abri aux voyageurs, tandis que la façade ajourée permettait d’adresser une prière à Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, dont le culte fut ravivé au XVIIème siècle.

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